
Le ski-cross essaie de faire sa place, même dans les Pyrénées. Exemple hier, à Artouste.
On le sait, les épreuves de montagne sont soumises à bien des aléas. Mercredi par exemple, une des manches pyrénéennes qualificatives pour la Coupe de France de ski-cross a été annulée, pour cause de mauvais temps. Et hier matin, alors que la neige tombait fort sur Artouste, on se demandait si l'épreuve serait maintenant. « Pas de raison d'annuler tant qu'il y a de la neige ! » explique un pisteur.
Car là où le skieur moyen renâcle à descendre dans la purée de pois, ceux qui se pressaient sur la ligne de départ pour le critérium jeunes organisé hier à Artouste ne semblaient pas plus inquiets que cela, ni de la neige, ni de la pente, ni même des bosses qui émaillent le parcours. Exemple Suzanne, de l'Association sportive municipale (ASM) paloise, 13 ans, cinq ans de club, et pas stressée pour deux sous de se jeter dans la course avec trois autres concurrentes benjamines.
Le ski-cross est apparu voici une dizaine d'années dans les Pyrénées. Mais les compétitions s'y font rares. À cause du temps, parfois, mais aussi à cause de la préparation de la piste, qui demande beaucoup d'aménagements, filets, matelas, et surtout des heures de machines pour peaufiner les bosses, « un investissement pour les stations », détaille Pascal Bonnemaison, responsable pour le comité Pyrénées-Ouest de la commission Freestyle de la Fédération française de ski.
Entre free et ski alpin
Mais si les compétitions sont rares, les skieurs sont au rendez-vous, une soixantaine hier à Artouste, dont beaucoup de petits et d'ados, ont participé à ce critérium. Certains venaient même de loin, du Val Louron, par exemple, qui pointe normalement dans le comité Pyrénées-Est. « C'est sympa, mais il faut gérer le stress d'avoir des skieurs à côté de soi », commente par exemple Ludovic, slalomeur confirmé, qui s'essayait à la discipline pour la première fois.
Le ski -cross, jumeau du boardercross, a gagné ses galons olympiques aux derniers JO de Vancouver. « C'est finalement un mélange entre free et le ski alpin. Mais ce sont ceux qui savent descendre ou slalomer qui finissent premiers. Pour nous, cela sert surtout de récréation pour nos jeunes », explique « Jean-Mi » Gouadain, « coach » de l'ASM qui fit partie du circuit européen de ski-cross au début des années 2000, au temps des pionniers. Aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se frotter à ces compétitions où l'on n'est plus tout seul face au chrono. La prochaine épreuve, parmi les quatre qualificatives, doit se dérouler dimanche, à La Pierre-Saint-Martin, qui alignait hier une équipe solide.
Article SUD OUEST du 28 Février 2011
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Photos Bonnaud Guillaume - SUD OUEST






